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Recherche et développement


Chine-USA

Avez-vous déjà jeté un œil au montant des dépenses en recherche et développement (R&D) des grandes firmes du numérique ? Pour 2018, le budget R&D de Amazon semble dépasser les 20 milliards de dollars. Il y a ensuite celui de Alphabet, la maison mère de Google, à plus de 15 milliards, puis celui de Microsoft, Samsung, Apple, et Huawei, entre 10 et 15 milliards chacun, et ensuite celui de Facebook et Cisco à près de 7 milliards. Vous ne remarquez rien ? Ces firmes sont toutes américaines, chinoises, ou coréennes, aucune n’est européenne. Les champions européens Ericsson, et Nokia qui a absorbé Alcatel-Lucent en 2016, ne sont qu’à 4 ou 5 milliards. Au delà du numérique, les champions français de la R&D semblent être Sanofi puis Renault, qui ne font pas vraiment mieux que Nokia. Vous manquez de repères ? Sachez que 1% du PIB de la France représente en 2018 environ 25 milliards. Quant au budget de la R&D française sur le numérique, comment dire… ? Pour être au niveau des États-Unis ou de la Chine, ce n’est pas la France mais l’Europe qui devrait faire preuve de cohésion et d’ambition.

Le petit exemple de la solution de visioconférence Jisti est symptomatique : lancé par le bulgare Emil Ivov à l’Université de Strasbourg, ce projet a finalement rejoint l’entreprise américaine 8×8.

Soutenir OVHcloud ou Qwant à bout de bras va-t-il suffire ? On peut en douter.

Les GAFAM – Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft – ne sont pas votre tasse de thé ? Vous avez une âme anarchiste douce ? Il est possible de leur tourner le dos comme le fait CHATONS, le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires. Ce collectif rassemble des structures souhaitant éviter la collecte et la centralisation des données personnelles au sein de silos numériques du type de ceux proposés par les GAFAM, prône la décentralisation, et tente d’essaimer son modèle sous diverses formes économiques. D’autres préféreront la cryptographie et l’indépendance affichée par ProtonMail, Tutanota, Signal, Wire, …

Notez bien qu’en matière de silos de données et de protection des données personnelles, il faut faire la distinction entre les services numériques gratuits comme Gmail pour lesquels l’utilisateur paye avec ses données, et les services commerciaux comme Gmail de G Suite qui protègent les données personnelles contractuellement. D’autre part, rien n’empêche d’utiliser des logiciels libres pour produire un service numérique qui piste ses utilisateurs et qui exploite leurs données personnelles. Le concept de logiciel libres, issu des années 1980, est vertueux sur le plan moral mais n’intègre pas directement la responsabilité sociale des algorithmes et la protection des données personnelles. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) européen, qui date de 2016, apporte une réponse sur ce plan, quels que soient les logiciels utilisés.

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