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Libres pensées d'un mathématicien ordinaire Posts

ToughRoad

J’ai fini par remiser mon Origine Tuxedo au profit d’un vélo moins fragile, mieux adapté à mon nouveau trajet. Voici donc ma nouvelle bicyclette. Un poids relativement faible, de gros pneus, des freins à disques hydrauliques, 2×10 vitesses classiques, des porte-bagages. Un régal.Giant ToughRoad SLR 2016

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MEGA

MEGA seminar at IHP.
Yan Fyodorov lors du MEGA à l’IHP. Sur le tableau la subsistance du N après le passage à la limite 🙂

J’étais vendredi à l’Institut Henri-Poincaré  pour les exposés mensuel du MEGA (Matrices Et Graphes Aléatoires). Saviez-vous que cet institut doit son existence notamment aux efforts de Émile Borel – mathématicien et homme politique, figure sans doute très inspirante pour Cédric Villani – ainsi qu’aux moyens de la Fondation Rockefeller et de Edmond de Rothschild ?

Le cours didactique du matin était donné par Laurent Ménard, et portait sur la combinatoire analytique à la Philippe Flajolet. Il s’agit typiquement d’obtenir des formules de comptage notamment asymptotiques en utilisant l’arsenal de l’analyse complexe (intégrales de contour, méthode du col, …) à partir d’identités combinatoires fonctionnelles sur les fonctions génératrices. D’après Laurent une excellente référence est le livre Analytic combinatorics.

Le premier exposé de l’après-midi était donné par l’énergique Yan Fyodorov et portait sur l’article arXiv:1710.04699 concernant des formules explicites pour des statistiques liées aux vecteurs propres pour les modèles matriciels gaussiens de Ginibre réel et complexe. Le second était donné par Alice Guionnet et portait sur l’étude de modèles de gaz discrets avec beta variable, en liaison par exemple avec l’article arXiv:1705.05527. Dans les deux cas, la virtuosité et l’arsenal techniques sont impressionnants. Ces deux orateurs sont des sommités mondiales.

Il semble que dans le domaine des matrices aléatoires, la plupart des questions simples abordables ont déjà été explorées. Doit-on s’attendre dans le futur à des vagues de travaux simplificateurs ? C’est ce qu’on peut souhaiter au sujet. Certains pensent que pour survivre au temps, les mathématiques ont besoin d’être simples et profondes et que cela résulte d’une lente digestion collective. Au delà de ce domaine, il est frappant de constater la place grandissante de la sophistication technique dans les mathématiques actuelles. On se prend à douter parfois.

En tout cas, ces trois exposés étaient passionnant et enthousiasmants !

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Auto-apprentissage

Auto-apprentissage ? On évoque souvent ces entrepreneurs du numérique autodidactes qui ont appris à programmer seuls, qui ont abandonné leurs études, et qui ont créé des entreprises à succès. Les exemples ne manquent pas : Bill Gates (Microsoft), Xavier Niel (Free), Mark Zuckerberg (Facebook), etc. La programmation se prête effectivement particulièrement bien à l’auto-apprentissage, et cette idée est d’ailleurs au cœur de la très médiatisée École 42. Au delà de la programmation, l’auto-apprentissage est un moteur puissant pour ceux qui sont à la fois doués et passionnés, mais encore faut-il avoir le goût de l’effort, ce qui n’est pas simple en ces temps d’enfants rois. En tout cas, il n’a jamais été aussi facile d’auto-apprendre et Internet joue un rôle fantastique en la matière en donnant accès à beaucoup de ressources de qualité.

L’apprentissage n’est pas que ludique et passe aussi par des aspects exigeants ou rébarbatifs qui rebutent les esprits peu enclins à faire des efforts. Bien que le discours autour de l’auto-apprentissage puisse être parfois démagogique, il véhicule malgré tout un message positif, un message de réussite possible pour ceux à qui le système éducatif traditionnel ne réussit pas assez. Mais faut-il vraiment détruire les écoles et universités traditionnelles pour construire des écoles 42 ? Il n’y a pas d’opposition à faire entre éducation traditionnelle et auto-apprentissage car nous avons tous besoin de multiples modes d’apprentissage. Le cas des chercheurs est intéressant. Ce sont souvent au départ des élèves doués, passionnés, et persévérants, qui ont réussi dans le système éducatif traditionnel, tout en auto-apprenant tout au long de leur parcours. Ils ont souvent croisé des enseignants, des livres, ou des ressources Internet qui les ont séduits. Enfin leur métier même de chercheur fait intervenir une dose massive d’auto-apprentissage. C’est aussi le cas, dans une certaine mesure, pour beaucoup d’ingénieurs.

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Office 365

Networking

Cette année l’université Paris-Dauphine a migré vers Office 365, un bouquet de services numériques dans les nuages proposé par la société Microsoft. Le bouquet comprend entre beaucoup d’autres choses la messagerie en ligne Outlook, le disque virtuel OneDrive, et la suite bureautique Office en ligne. Ce changement a été globalement bien accueilli par les usagers : ces derniers sont déjà pour beaucoup d’entre eux gros utilisateurs des logiciels de la suite bureautique Office, sur Mac ou PC. Les réticents se trouvent sans surprise essentiellement dans les laboratoires d’informatique et de mathématiques, bien que le taux de pénétration de Gmail et de Dropbox dans ces communautés soit élevé.

Concrètement, le bouquet de services Office 365 fourni par l’université propose plus de sécurité, de fiabilité, et de fonctionnalités que la solution précédente, et pèse moins sur le budget. Malgré tout, beaucoup de bêtises sont dites à propos de Office 365, souvent par ignorance et par pensée réflexe. Voici quelques (contre)-points. La direction du numérique a également mis en ligne une liste de questions fréquemment posées sur les raisons du choix de Office 365 à Dauphine.

Pourquoi Outlook alors que je peux utiliser mon compte Gmail. S’il s’agit d’un compte Gmail gratuit, alors il faut savoir que dans ce cas Google compense en se servant de vos données à des fins commerciales, tandis que le compte Outlook sur Office 365 fourni par l’université n’est pas un produit gratuit : la confidentialité de vos données est garantie contractuellement. De plus Google ne garantit pas la localisation géographique de ses serveurs pour l’instant tandis que Microsoft garantit que les siens sont en Europe et qu’ils seront en France en 2018. Enfin le compte Outlook sur Office 365 fourni par l’université est intégré à un bouquet de services et cela fait gagner en productivité, ne serait-ce que pour l’agenda partagé sur le webmail ! Bien entendu, tout cela n’empêche pas d’avoir un compte gratuit personnel chez Google en parallèle.

Pourquoi OneDrive alors que j’ai Google Drive et/ou Dropbox. Voir question précédente. Rien n’empêche de les utiliser tous pour s’adapter aux multiples communautés et usages.

Pourquoi OneDrive alors que le CNRS propose le logiciel libre ownCloud. Il ne faut pas confondre logiciel et service. Le CNRS propose un service ownCloud, c’est-à-dire des serveurs faisant fonctionner ce logiciel. Ce service ne concerne que les chercheurs des laboratoires CNRS, et ne sera donc jamais accessible à toute l’université. D’autre part les organisations de taille relativement modeste comme les universités ont des difficultés à assurer des services numériques massifs à prix modique avec un haut niveau de disponibilité et de sécurité, et c’est la raison pour laquelle il est avantageux pour elles de se tourner vers les offres de services dans les nuages comme Office 365. Par manque de vision et d’ambition, la France et plus généralement l’Europe ont malheureusement raté le virage de l’informatique dans les nuages.

Microsoft, c’est mal. Microsoft pâtit d’une mauvaise image dans certaines communautés. Pourtant, aussi bien techniquement que fonctionnellement, Office 365 n’a rien à envier à son concurrent G Suite de Google. D’autre part Microsoft n’est pas plus ou moins recommandable que Google, Apple, Facebook, ou Amazon (GAFAM). Enfin la position de Microsoft par rapport aux logiciels libres en général et par rapport à Linux en particulier est aujourd’hui celle des autres GAFAM. Oui, les GAFAM sont toutes nord américaines, et on ne peut que regretter que la France et l’Europe ne soient pas parvenues à construire une industrie du numérique.

L’informatique dans les nuages, c’est mal. L’électricité et les vaccins aussi, au fond. Plus sérieusement, à titre personnel, je fais partie de ceux qui rêvaient de l’informatique dans les nuages au siècle dernier sans comprendre pourquoi cela mettait tant de temps à arriver !

J’ai un contrat avec un concurrent de Microsoft alors Oulook… Le jour où vous aurez un contrat avec le concurrent de Cisco Systems, géant des équipements réseau, il vous sera difficile d’éviter les routeurs Cisco. Plus sérieusement, la meilleure réponse à la question de la haute confidentialité est la cryptographie. PGP/GPG, Tor, et Wikileaks vous montrent l’exemple.

Outlook est vraiment mauvais en SMTP et IMAP. Examinez à nouveau votre configuration, c’est souvent à ce niveau que se situe le problème. À titre personnel, j’utilise ces services notamment via Postfix et OfflineIMAP sur des machines Debian GNU/Linux et cela fonctionne. Si votre problème persiste, tentez de changer de client, d’utiliser le Webmail, ou d’opter pour un client/plugin Exchange comme Mailspring ou Evolution. Le protocole Exchange a l’avantage de synchroniser à la fois courrier, agendas, contacts, et plus !

Outlook et GNOME sous Debian GNU/Linux. Ajoutez un compte en ligne de type Microsoft Exchange (*) dans les paramètres de GNOME et installez le client Evolution avec support Exchange (sudo apt-get install evolution-ews). Idem pour votre éventuel compte Google Gmail.

(*) À titre d’exemple, mes paramètres sont les suivants :

  • Email: chafai@ceremade.dauphine.fr
  • Identifiant: dchafai@dauphine.fr
  • Serveur: outlook.office365.com

Outlook gère mal le format iCalendar. C’est faux, et c’est facile à utiliser sur le webmail ! Pour les moins dégourdis, voici par exemple une vidéo didactique sur l’export et sur l’import.

L’antispam de Outlook est moins bon que celui de Gmail. C’est faux. Microsfot comme Google sont très efficaces car plusieurs milliers d’ingénieurs travaillent pour assurer ces services pour des centaines de millions d’utilisateurs. L’antispam de Office 365 fourni par l’université semble même plus efficace que celui du service Gmail gratuit. Ces performances sont aussi dues à l’usage systématique de technologies antispam comme SPF, DKIM, DMARC, etc.

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