Élections présidentielles
En 1965 déjà, Pierre Dac présentait sa candidature aux présidentielles, au nom du Mouvement Ondulatoire Unifié (MOU) dont la devise était : « Les temps sont durs, vive le MOU ! »
En 1965 déjà, Pierre Dac présentait sa candidature aux présidentielles, au nom du Mouvement Ondulatoire Unifié (MOU) dont la devise était : « Les temps sont durs, vive le MOU ! »
Je dispense depuis deux années un cours d’initiation aux probabilités pour la préparation à l’agrégation interne de mathématiques, à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Comme souvent, j’ai pris le temps d’écrire des notes de cours, d’environ 80 pages, que je distribue à mes étudiants, et que tout le monde peut télécharger sur ma page personnelle sous forme électronique (pratique pour chercher). Ces notes n’ont rien de révolutionnaire dans leur contenu, mais expriment ma manière de voir les choses, dans le cadre du programme de l’agrégation interne (qui mériterait du reste une sérieuse refonte pour les probabilités).
Comme le soulignent mes agrégatifs, ces notes seraient beaucoup plus utiles si elles étaient transformées en livre, car seuls les livres sont autorisés par le jury le jour de l’oral du concours. La méthode traditionnelle pour transformer des notes de cours en livre consiste à contacter un éditeur, qui, bien souvent, interdira la diffusion électronique gratuite pour sauvegarder son profit. Mais pourquoi diable m’encombrer d’une telle contrainte ?
Une solution originale m’a été suggérée par courriel par un collègue distant : demander à titre personnel un numéro ISBN à l’AFNIL (gratuit). Ce service est l’analogue de celui des noms de domaines pour Internet. C’est désormais chose faite. Mes notes de cours possèdent un ISBN et constituent donc un livre électronique. Ce livre électronique est librement accessible sur ma page personnelle. Il est donc en principe utilisable le jour de l’oral par tous les candidats aux concours à partir de la session 2013 (la session 2012 est semble-t-il trop proche).
Les lecteurs qui apprécient ce livre électronique peuvent manifester leur gratitude en faisant un don directement à l’auteur via PayPal. Ce sont eux qui choisissent le montant, tandis que pour un livre classique, le prix est fixe et l’essentiel revient à l’éditeur. Cette rémunération directe de l’auteur est dans le même esprit que la rémunération directe des agriculteurs et des artistes. Elle court-circuite les marchands, qui ne produisent rien. Mais les lecteurs peuvent également choisir d’utiliser ce livre électronique sans payer, car le savoir doit rester librement accessible. Cette auto-édition et auto-diffusion est dans l’esprit de ce que prône Richard M. Stallman. Vive la révolution numérique !
Curieusement, les universitaires français parlent relativement peu de l’accord commercial anti contrefaçon ACTA signé par plusieurs États récemment. Il s’agit pourtant d’un grand danger, pesant, au nom du profit, sur toute la production culturelle non marchande. Les marchands n’ont jamais été aussi puissants, et ils ne cessent d’imposer leurs dogmes aux démocraties.
À travers les âges, les marchands ont joué un rôle de passeurs entre les peuples, favorisant la diffusion de tout ce qui fait les cultures humaines, religions comprises. Mais depuis la fin du siècle dernier, l’apparition d’Internet et des outils de télécommunication numériques a permis un contact plus direct inédit entre les producteurs de culture et d’information et leurs récepteurs. Cette révolution électronique menace certains marchands comme les éditeurs, mais en suscite d’autres comme les fournisseurs d’accès. Le rôle culturel des marchands est moins important aujourd’hui, et leurs pratiques en deviennent socialement nuisibles.
C’est dans ce contexte que Richard Matthew Stallman (rms) a visité la France récemment. Son discours est toujours aussi absolu, polarisant. Sa pensée libertaire de gauche bien mûrie fait parfois sourire mais ne manque pas de charme. Pour rms, les œuvres numérisées gagnent à être copiées, pourvu que le nom du créateur soit conservé. Selon lui, les créateurs devraient être rémunérés directement par ceux qui apprécient leurs œuvres, et c’est ceux qui donnent qui décident combien donner(*). La copie permet la grande diffusion, et le réseau permet la rémunération directe. Internet permet de développer cette liaison directe entre les créateurs et leur public, tandis que des marchands, rendus inutiles, font tout pour tuer dans l’œuf cette révolution. D’autres marchands, plus avisés, tentent de construire leur activité lucrative autour de cette révolution, avec tous les excès dont la cupidité est responsable.
Il va sans dire que rms considère que les pratiques des sociétés comme Apple, Facebook, Google, et autres very-big-brothers numériques sont néfastes. Cependant, Google par exemple est contre ACTA et participe au développement du logiciel libre (noyau Linux, Python, …).
(*) c’est par exemple le mode de financement de Wikipédia, un grand succès d’Internet.
| Medalist | MRID | Birth | FirstP | Publications | C/P |
|---|---|---|---|---|---|
| Okounkov | 351622 | 1969 | 1994 | 65 cited 1181 times by 560 authors | 18.2 |
| Perelman | 229939 | 1966 | 1985 | 25 cited 285 times by 157 authors | 11.4 |
| Tao | 361755 | 1975 | 1996 | 205 cited 3594 times by 1486 authors | 17.5 |
| Werner | 324091 | 1968 | 1992 | 66 cited 879 times by 276 authors | 13.3 |
| Lindenstrauss | 605709 | 1970 | 1995 | 40 cited 339 times by 227 authors | 8.5 |
| Ngo | 623054 | 1972 | 1997 | 18 cited 117 times by 67 authors | 6.5 |
| Smirnov | 343260 | 1970 | 1994 | 27 cited 309 times by 188 authors | 11.4 |
| Villani | 602357 | 1973 | 1995 | 75 cited 1659 times by 681 authors | 22.1 |
Data source: AMS MathSciNet (May 2011). Have you heard about the Peter Principle?